L’arum n’a pas la réputation d’être capricieux pour rien. Un déplacement mal préparé, et la promesse de ses grandes fleurs blanches s’efface. Pourtant, changer son arum de place n’a rien d’un casse-tête pour peu qu’on adopte le bon geste, au bon moment. Petite leçon de sérénité botanique, loin des galères de dernière minute.
Le calendrier compte double dans cette opération. Pour que votre arum reprenne de plus belle, deux fenêtres s’ouvrent : le début du printemps ou l’automne. Ces saisons, c’est la trêve des jardiniers et la pause des plantes. L’arum, en repos, supporte bien mieux l’arrachement et s’installe sans broncher dans son nouveau coin. Privilégiez un sol qui ne retient pas l’eau et regorge de matière organique pour permettre aux racines de trouver leur place dès le redémarrage de la végétation.
Choisir le bon moment pour déplacer un arum
La réussite d’un déplacement d’arum commence dès le choix de la saison. Oubliez les improvisations estivales ou les coups de froid en hiver. Deux périodes sortent du lot : le printemps et l’automne. Ce sont elles qui offrent le plus de douceur, d’humidité et de stabilité pour que la plante encaisse le changement d’adresse.
Le printemps : période idéale pour déplacement
Quand la lumière s’étire et que le sol se réchauffe, l’arum sort doucement de son sommeil. C’est le moment parfait pour le déterrer. Les bulbes profitent alors de toute la saison pour s’ancrer et repartir. La terre, encore meuble et humide, facilite la reprise et limite la casse côté racines. Le printemps, c’est la promesse d’un nouveau départ sans fausse note.
L’automne : période idéale pour déplacement
À l’automne, la nature ralentit et l’arum se prépare à affronter l’hiver. Lui offrir un nouveau terrain à ce moment-là, c’est lui laisser l’occasion de s’installer sans pression. Entre températures douces et pluies régulières, les conditions sont idéales pour que la motte s’adapte avant le retour du froid. Au printemps suivant, la plante démarre sur les chapeaux de roues.
Voici les avantages concrets de ces deux périodes :
- Printemps : climat tempéré, humidité régulière, mise en route rapide de la croissance
- Automne : douceur, apport d’eau naturel, préparation tranquille avant l’hiver
Opter pour l’une de ces saisons, c’est donner à votre arum toutes les chances de s’épanouir dans son nouvel environnement.
Préparer l’arum et le nouvel emplacement
Avant de prendre la bêche, quelques préparatifs s’imposent. La réussite d’un déplacement tient autant à la préparation qu’au geste lui-même. Commencez par bien humidifier la terre autour de la plante : ainsi, le déterrage se fait sans brutalité et les racines restent intactes. Une fourche-bêche, plantée en douceur tout autour de la motte, permettra de soulever l’ensemble sans casser les bulbes.
Préparation de la plante
Au moment de l’extraction, gardez à l’œil les éléments vitaux : bulbes, feuilles et fleurs. Les bulbes, fragiles, ne supportent pas les coups de fourche mal ajustés. Les larges feuilles, souvent encore bien vertes, doivent rester attachées pour aider la plante à reprendre. Même chose pour les fleurs en forme de calice, qu’il vaut mieux préserver au maximum. Un arum déplacé avec ses atouts a bien plus de chances de repartir.
Choisir le bon sol
L’emplacement de destination ne se choisit pas à la légère. L’arum réclame un sol filtrant, riche et souple. Si la terre de votre jardin est lourde ou argileuse, améliorez-la avec du compost ou du terreau. Évitez à tout prix les endroits où l’eau stagne : l’arum redoute l’humidité excessive, qui peut faire pourrir ses bulbes.
Pour que le sol réponde aux besoins de la plante, vérifiez ces points :
- Drainage efficace pour éviter l’excès d’eau
- Bonne teneur en humus ou compost
- Aucune zone d’engorgement à l’horizon
Préparation du trou de plantation
Le trou doit être adapté à la taille de la motte : ni trop étroit, ni trop profond. Placez l’arum délicatement, comblez avec un mélange de terre enrichie, puis tassez légèrement pour éliminer les poches d’air. Un arrosage copieux finalise cette étape et aide les racines à faire connaissance avec leur nouveau terrain.
En soignant ces détails, la transplantation se passe sans heurt. Votre arum retrouve vite sa vigueur, prêt à offrir une nouvelle floraison.
Techniques et conseils pour une transplantation réussie
Pour que votre arum traverse le choc du déplacement sans faiblir, certaines astuces font la différence. Respecter la saison, c’est la base. Mais quelques gestes complémentaires assurent une reprise solide et une floraison généreuse.
Utiliser un paillis
Après la transplantation, installez un paillis autour du pied. Cette couverture naturelle, feuilles mortes, paille, tontes sèches, protège les bulbes du froid et limite l’évaporation. Le paillis garde le sol frais, évite les chocs de température et décourage les mauvaises herbes. Surtout en automne, cette précaution donne à l’arum le temps de se remettre d’aplomb.
Appliquer un engrais adapté
Pour booster la reprise, un apport d’engrais riche en phosphore et potassium s’impose. Mélangez-le à la terre lors de la plantation et poursuivez avec des apports réguliers au fil de la saison. Le phosphore stimule l’enracinement, le potassium renforce la floraison : un duo gagnant pour un arum robuste et généreux.
Voici deux leviers simples pour accompagner la transplantation :
- Paillis naturel pour protéger et conserver l’humidité
- Engrais adapté pour soutenir la croissance et la floraison
En adoptant ces gestes, déplacer un arum ne relève plus du défi. Votre plante s’installe, reprend et, bientôt, ses fleurs blanches tranchent à nouveau sur le vert du feuillage. Le jardin, lui, ne s’en porte que mieux. Reste à voir ce que vous réserve la prochaine saison : peut-être l’apparition d’une hampe florale inattendue, là où vous l’attendiez le moins.


