Le criquet est un orthoptère herbivore dont le régime alimentaire varie selon l’espèce, le milieu de vie et la disponibilité des végétaux. Comprendre ce que mange le criquet permet d’adapter son alimentation en élevage domestique, que ce soit pour nourrir des reptiles ou pour produire des protéines animales.
Régime alimentaire du criquet dans la nature : graminées et au-delà
En milieu sauvage, le criquet se nourrit principalement de végétaux. Son régime dépend toutefois de l’espèce considérée, et les différences sont loin d’être anecdotiques.
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Le criquet migrateur (Locusta migratoria) privilégie les graminées. Prairies, champs de céréales, riz, canne à sucre : son alimentation reste centrée sur cette famille de plantes. Ce régime relativement spécialisé en fait un ravageur redoutable des cultures céréalières.
Le criquet pèlerin (Schistocerca gregaria) exploite une palette bien plus large. Légumineuses, arbustes, feuilles d’arbres, cultures maraîchères : il s’adapte à la végétation disponible, ce qui explique en partie sa capacité à coloniser des territoires variés, des zones semi-arides aux régions cultivées.
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Cette différence de régime a une conséquence directe sur la composition nutritionnelle de l’insecte. Les plantes consommées modifient la teneur en lipides et en minéraux de la chair du criquet. Un criquet pèlerin ayant consommé des légumineuses présente un profil nutritionnel différent de celui d’un criquet migrateur nourri exclusivement de graminées.

Alimentation du criquet en élevage domestique : quels végétaux choisir
En captivité, le criquet accepte une grande variété de végétaux frais. Le choix du fourrage n’est pas neutre : il influence la croissance, la reproduction et la valeur nutritionnelle de l’insecte pour les animaux qui le consomment (reptiles, oiseaux, amphibiens).
Base végétale quotidienne
L’alimentation courante repose sur des herbes fraîches et des feuilles de graminées. Le ray-grass, le blé en herbe ou la laitue conviennent pour maintenir une colonie en bonne santé. Les criquets consomment aussi volontiers des feuilles de chou, des épluchures de carotte et des morceaux de pomme.
- Graminées fraîches (ray-grass, blé germé, herbe de prairie) : elles constituent la base du régime et reproduisent les conditions naturelles du criquet migrateur.
- Feuilles de légumineuses (luzerne, trèfle) : elles augmentent la teneur protéique des criquets par rapport à un régime uniquement céréalier, ce qui améliore leur qualité comme proie pour les reptiles.
- Légumes frais (chou, carotte, courgette) : ils apportent de l’eau et des micronutriments complémentaires.
- Son de blé ou flocons d’avoine : un complément sec qui fournit de l’énergie, surtout utile en période de reproduction.
Le lien entre fourrage et valeur nutritionnelle
Des travaux publiés dans le domaine de la nutrition des insectes montrent que des criquets nourris avec des feuilles de légumineuses riches en protéines présentent un profil en acides gras plus favorable que ceux alimentés uniquement aux résidus végétaux pauvres. Ce point, rarement détaillé dans les guides d’élevage grand public, change la donne pour les éleveurs qui souhaitent produire des insectes de qualité supérieure.
Varier les sources végétales n’est donc pas un simple confort pour les criquets. C’est un levier direct sur la qualité du produit final, que l’objectif soit l’alimentation de reptiles insectivores ou la production de farine d’insectes.
Hydratation et compléments alimentaires en élevage de criquets
Les criquets tirent une partie de leur eau des végétaux frais qu’ils consomment. En élevage, cette source ne suffit pas toujours, surtout lorsque la température ambiante est élevée (les criquets migrateurs ont besoin de chaleur pour rester actifs et se reproduire).
Un morceau de fruit ou de légume humide remplace avantageusement un abreuvoir, qui risque de noyer les jeunes individus. Les éponges humides ou les billes d’eau en gel sont aussi utilisées par les éleveurs pour limiter ce risque.
Côté compléments, certains éleveurs saupoudrent les végétaux de carbonate de calcium avant de les distribuer. Ce geste vise à enrichir les criquets en calcium, un minéral souvent déficitaire chez les insectes nourris en captivité et pourtant indispensable aux reptiles qui les consomment.

Erreurs fréquentes dans l’alimentation des criquets d’élevage
Quelques pièges reviennent régulièrement chez les éleveurs débutants. Ils peuvent compromettre la santé de la colonie ou réduire la valeur nutritive des insectes.
- Distribuer uniquement de la salade verte : trop pauvre en nutriments, elle ne couvre pas les besoins des criquets et produit des individus maigres.
- Utiliser des végétaux traités aux pesticides : les criquets y sont très sensibles, et les résidus se transmettent aux animaux qui les consomment.
- Oublier la source d’eau : sans végétaux frais ni dispositif d’hydratation, la mortalité augmente rapidement, surtout chez les jeunes stades.
- Négliger la variété du régime : un régime monotone appauvrit le profil nutritionnel des criquets et peut freiner la reproduction des femelles.
La fraîcheur des aliments distribués mérite aussi une attention particulière. Des végétaux flétris ou moisis favorisent le développement de pathogènes dans l’élevage. Retirer les restes non consommés chaque jour limite ce risque.
Criquet migrateur ou criquet pèlerin : adapter le menu à l’espèce
En élevage domestique destiné à l’alimentation des reptiles, c’est le criquet migrateur qui domine le marché. Son régime à base de graminées le rend plus simple à nourrir qu’un criquet pèlerin, qui réclame une diversité végétale plus importante pour rester en bonne santé.
Le criquet pèlerin, lui, fait l’objet de recherches pour l’élevage de masse à destination de l’alimentation humaine et animale. Des projets pilotes testent son élevage en environnement contrôlé, avec des régimes mixtes associant graminées et légumineuses pour optimiser sa teneur en protéines.
Quel que soit le contexte, le régime alimentaire du criquet conditionne directement sa qualité nutritionnelle. Un éleveur qui maîtrise le fourrage distribué à sa colonie produit des insectes plus riches en protéines, avec un meilleur profil en acides gras, ce qui profite à toute la chaîne alimentaire en aval.


