Le feijoa (Acca sellowiana) et le goyavier classique (Psidium guajava) portent tous deux le nom vernaculaire de « goyavier », mais ils appartiennent à deux genres botaniques distincts de la famille des Myrtacées. Leur ressemblance s’arrête à la famille : climat de culture, rusticité, saveur des fruits et conduite au jardin divergent sur presque tous les points.
Deux arbres goyave, deux genres botaniques à ne pas confondre
La confusion vient du vocabulaire courant. En pépinière, « goyavier du Brésil » désigne le feijoa (Acca sellowiana), originaire du sud du Brésil, de l’Uruguay et du nord de l’Argentine. Le « goyavier » tout court, lui, renvoie à Psidium guajava, arbre tropical répandu dans toute la ceinture intertropicale.
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Le feijoa produit un fruit ovoïde à peau verte, dont la pulpe granuleuse évoque un mélange d’ananas et de goyave. Le goyavier classique donne la goyave commune, à chair rose ou blanche selon la variété, plus sucrée et plus juteuse. Les feuilles diffèrent aussi : celles du feijoa sont épaisses, vert-gris au revers argenté, alors que celles du Psidium guajava sont plus grandes, nervurées, d’un vert franc.
Seul le feijoa se cultive durablement en pleine terre dans la majorité des jardins français. Le goyavier classique ne tolère que de brèves gelées, ce qui le réserve aux serres, vérandas ou littoraux très abrités.
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Rusticité et climat : le critère qui tranche pour un arbre goyave en France

Le feijoa supporte des températures descendant jusqu’à environ -10 à -12 °C en situation abritée. Cette rusticité le place parmi les fruitiers subtropicaux les plus adaptés au réchauffement climatique en France : des pépiniéristes le recommandent comme arbre fruitier « anti-canicule », à condition de pailler abondamment le pied dès la plantation et de prévoir quelques arrosages profonds en été sec.
Le goyavier classique, au contraire, ne résiste qu’à de brèves gelées autour de -4 °C pour les sujets adultes bien installés. En dessous, les parties aériennes meurent. Il reste donc cantonné à la culture en pot (à rentrer l’hiver) ou aux microclimats littoraux du sud-est et du sud-ouest.
Cette différence de rusticité conditionne tout le reste : mode de plantation, taille, productivité, et même le choix variétal accessible en pépinière française.
Sol, exposition et entretien : ce qui change entre feijoa et goyavier classique
Les deux arbres partagent un besoin de sol bien drainé. Au-delà de ce point commun, leurs exigences divergent.
- Le feijoa accepte les sols pauvres, légèrement acides à neutres, et tolère le calcaire modéré. Un apport de compost au printemps et un paillage épais suffisent. Il supporte le vent et la sécheresse estivale une fois établi, ce qui le rend adapté aux jardins du sud sans arrosage automatique.
- Le Psidium guajava préfère un sol riche, meuble, humifère et régulièrement arrosé. En pot, il demande un substrat fertile, des apports d’engrais fréquents et une surveillance de l’hygrométrie, surtout en intérieur l’hiver.
- La taille du feijoa est minimaliste : un éclaircissage léger après la récolte pour aérer la ramure. Le goyavier classique en pot nécessite une taille de formation plus soutenue pour contenir sa vigueur tropicale.
Côté floraison, le feijoa offre des fleurs rouges et blanches comestibles, spectaculaires au printemps. Leurs pétales charnus, légèrement sucrés, se mangent en salade. Le goyavier classique fleurit plus discrètement, avec de petites fleurs blanches.
Goût et utilisation des fruits : goyave tropicale contre goyave ananas

La goyave classique (Psidium guajava) a une chair fondante, sucrée, parfumée, qui se consomme fraîche, en jus, en confiture ou en compote. Sa teneur en vitamine C est réputée élevée. Les variétés à chair rose sont les plus courantes en culture amateur.
Le feijoa développe un profil aromatique plus complexe, entre ananas, goyave et menthe. La pulpe, granuleuse et translucide, se mange à la cuillère après avoir coupé le fruit en deux. Il se conserve quelques jours à température ambiante, ou environ une semaine au réfrigérateur.
En cuisine, le feijoa se prête aux chutneys, aux pâtisseries et aux sorbets. La goyave classique reste plus polyvalente pour les recettes tropicales traditionnelles (gelées, pâtes de fruits, smoothies).
Le choix gustatif dépend donc du profil recherché : douceur franche et sucrée pour la goyave tropicale, complexité acidulée et parfumée pour le feijoa.
Variétés de feijoa et de goyavier à connaître pour votre jardin
En pépinière française, l’offre en feijoa s’est élargie ces dernières années. Plusieurs variétés méritent d’être distinguées :
- Feijoa Mammoth : gros fruits, productif, souvent recommandé pour les jardins du sud. Disponible en touffe ou sur tige.
- Feijoa Kakariki : variété proposée par des pépiniéristes spécialisés, appréciée pour sa mise à fruit rapide.
- Ruby Supreme : sélection à chair plus colorée, parfois classée parmi les goyaviers du Brésil bien qu’elle soit une variété de Psidium (à vérifier selon le fournisseur, car l’appellation varie).
Pour le goyavier classique (Psidium guajava), les variétés à chair rose restent les plus cultivées en France, principalement en pot. La variété de base, vendue en jardinerie, atteint environ deux mètres à maturité en conteneur.
Un point à surveiller : la pollinisation croisée améliore la fructification du feijoa. Planter deux variétés différentes à proximité augmente sensiblement la récolte. Le goyavier classique est généralement autofertile.
Feijoa ou goyavier classique : tableau comparatif rapide
| Critère | Feijoa (Acca sellowiana) | Goyavier classique (Psidium guajava) |
|---|---|---|
| Rusticité | Environ -10 à -12 °C | Environ -4 °C (brèves gelées) |
| Culture en pleine terre (France) | Oui, dans la plupart des régions | Très limitée, littoral sud uniquement |
| Sol | Drainé, même pauvre | Riche, humifère, arrosé |
| Saveur du fruit | Ananas, goyave, menthe | Sucrée, fondante, tropicale |
| Fleurs comestibles | Oui (pétales rouges et blancs) | Non |
| Pollinisation | Croisée recommandée | Autofertile |
Pour un jardin en climat tempéré français, le feijoa représente le choix le plus réaliste en pleine terre. Le goyavier classique reste réservé aux passionnés de fruitiers tropicaux prêts à gérer la culture en pot et l’hivernage. La bonne question avant d’acheter un arbre goyave n’est donc pas celle du goût, mais celle du thermomètre hivernal dans votre jardin.


